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Vernissage, exposition et décrochage

 

Durant le vernissage

VernissageLe vernissage d’une exposition est souvent un moment de forte affluence. Les invités sont parfois plus attentifs à leurs discussions qu’aux œuvres qu’ils sont venus regarder. Il n’est pas rare que des invités déposent leurs verres sur des œuvres, des bouteilles par terre et qu’elles soient renversée sur la base des sculptures. Sans vouloir dresser une vision apocalyptique, le risque est fort que des accidents interviennent lors des vernissages.
C’est pourquoi en règle générale le public ne doit pas être autorisé à manger ou boire dans les espaces de présentation des œuvres. Pour éviter ou limiter les problèmes, prévoir une ou deux personnes chargées de ramasser systématiquement tout « corps étranger », de surveiller les œuvres fragiles pour les protéger des mouvements et des inattentions du public. Une grande vigilance et un renforcement de personnel de surveillance sont à prévoir lors des vernissages.


Durant l'exposition

« Figurer-défigurer »Les peintures mates des œuvres sont particulièrement sensibles, car en réalité la couche picturale n’est protégée d’aucun vernis, qui pourrait être retiré et remis en cas d’accident. C’est donc la couche picturale qui subit directement les altérations. La poussière peut aussi avoir de graves conséquences sur une couche mate. Elle s’imprègne également sur et dans la couche. Il convient d’utiliser un aspirateur pour le nettoyage des locaux d’exposition et de proscrire le balai pour éviter les soulèvements de poussière. Le dépoussiérage des œuvres ne doit être effectué que par des restaurateurs ou sous leur direction. Les mouches par leurs déjections sont une cause importante d’altération. Chargées d’acidité, elles attaquent directement la couche picturale. Ne pas ouvrir les fenêtres et prévoir des pièges pour éviter au maximum la présence d’insectes volants. Des manifestations hostiles sont possibles envers des œuvres qui peuvent choquer certains visiteurs. Un gardiennage compétent doit permettre de surveiller le public afin d’éviter les dégradations et de pouvoir éventuellement se retourner contre l’assurance de l’auteur d’une agression. Griffures et déchirures font aussi partie des altérations importantes difficiles à reprendre et plus particulièrement dans le cas de monochromes ou de couleurs unies. Les sculptures n’ont pas toujours des bases très stables : il convient de vérifier leur stabilité et de la renforcer spécifiquement, si nécessaire par un socle spécialement étudié. Une protection périphérique est généralement souhaitable. Si elle n’est pas possible, une ligne tracée au sol (avec l’accord de l’artiste) est souvent un moyen simple et efficace de limiter la zone d’accès. De nombreuses sculptures présentent pour les enfants un caractère ludique, alors même que leur fragilité ne permet pas un contact direct. Il importe d’exercer une surveillance accrue sur ces œuvres, les parents n’étant pas toujours attentifs.


Le décrochage

Décrochage photographie Luc Meichler, Sans titre, 1982Cette dernière opération doit faire l’objet des mêmes soins et des mêmes précautions que l’accrochage. Le responsable de l’exposition est toujours présent lors de l’accrochage pour la mise en place des œuvres ; par contre, il est trop souvent absent au décrochage, considérant que le personnel est en nombre suffisant pour l’emballage ou le retour des œuvres, ou encore que cette phase de travail est moins délicate. C’est cette carence d’attention qui est souvent la cause de dommages et qui, lors de la réception des œuvres par le propriétaire, peut donner lieu à des conflits. Le décrochage, l’emballage et l’enlèvement des œuvres doit toujours rester sous la responsabilité de l’organisateur. En cas de dommage, il est indispensable d’avertir le prêteur au plus vite afin de ne pas le laisser découvrir les dégradations au retour de l’œuvre, et de procéder aux déclarations auprès de l’assureur. Avant le décrochage des œuvres, on s’appuiera sur le constat d’état et sur les documents photographiques réalisés au départ pour vérifier leur état. Photos ou vidéos permettront de déterminer sans contestation le moment où s’est produit l’accident, et donc d’établir les responsabilités. Depuis quelques années, les musées prévoient la présence d’un restaurateur pour suivre les opérations d’accrochage, de décrochage ou de transport d’œuvres, et faire les constats d’état aux différentes phases. Cette dépense peut paraître importante à première vue, mais l’expérience prouve que de nombreux accidents et incidents ont ainsi été évités et qu’en définitive le coût de la présence d’un professionnel est très largement rentabilisé.
 
 
 
/// Légendes et crédits :
1/ Vernissage exposition Mutations, Frac Alsace, 2007 : Matthieu Husser, WZG (anachronisme chromatique), 2004, photo : Agence culturelle d'Alsace
(Accord de coopération culturelle entre la Région Alsace et la Voïvodie de Basse-Silésie)
2/ Exposition Collection III « Abracadabrantesque… », Frac Alsace, 2001 : Sylvie Blocher, Paysage de sable avec architecture, 1984 (vue partielle, © ADAGP, collection Frac Alsace), photo : Agence culturelle d'Alsace
3/ Accrochage de l'œuvre de Barbara et Michael Leisgen, Immer der Rose nach, 1982-83 (collection Frac Alsace), photo : Agence culturelle d'Alsace