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L'accrochage de l'exposition
et les techniques de mise en œuvre

 

Projet et organisation spatiale

Le projet de mise en exposition d’un ensemble d’œuvres d’art se fonde sur les potentialités et les limites du lieu qui doit les accueillir, mises en regard du propos qu’on entend développer au travers de la manifestation. Les principales options relatives aux thèmes traités, à la sélection des œuvres présentées et à leur éventuelle hiérarchie devront être traduites au mieux par l’organisation spatiale du parcours de visite.

Ce sont bien les thèmes, l’esthétique qui doivent conduire l’organisation de l’exposition et non les contraintes matérielles, mais lorsque les espaces de présentation sont rigides ou techniquement complexes le projet artistique peut néanmoins s’y adapter. Il n’en ressort pas forcément altéré, mais enrichi par une bonne adéquation entre le lieu et les œuvres.


Mise en espace

Dorit Cypis, Odalisque (The origin of the world), 1992-1999L’organisation spatiale de l’exposition est liée aux conditions techniques de mise en œuvre : requalification des salles, modification des volumes, aménagement temporaire, constructions éphémères, panneaux-supports mobiles, cloisons modulaires démontables, estrades, sont autant de moyens de réaliser une mise en espace spécifique à chaque exposition. Pour ce qui concerne les parois verticales mobiles, on tend aujourd’hui à rejeter les panneaux légers « high-tech » de type grille, pour privilégier les supports stables et neutres. On pourra, à l’occasion d’une exposition importante, réaliser de tels éléments de partition, déplaçables et complétant l’accrochage mural. Ils seront, si possible, réalisés dans un matériau tel que l’on puisse directement y fixer vis ou crochets assurant le support de l’œuvre, sans tige intermédiaire. Parmi les techniques simples, peu coûteuses et recyclables à l’infini, des caissons en contre-plaqué sur ossature bois, que l’on repeint avant chaque exposition peuvent être conçus en fonction des dimensions de la salle qu’ils permettront de moduler en sous-espaces. Dans certains cas, il est même possible de les dessiner de telle façon que leur stockage, lorsque l’on souhaite laisser libre l’ensemble de la salle, s’effectue simplement en les disposant contre l’une des parois de la salle. Les proportions ou la disposition de ces panneaux devront leur donner une stabilité suffisante, non seulement vis-à-vis de l’accrochage des œuvres, mais aussi pour résister au basculement sous l’éventuelle poussée du public, en cas de panique. Notons que les nouvelles formes de l’art contemporain appellent des conditions spécifiques d’exposition : les installations, les mobiles et autres artefacts animés, les installations vidéo et les nouveaux médias posent des problèmes pratiques divers, et sans grand rapport avec la présentation d’œuvres picturales. Ces expositions exigent en effet des conditions matérielles qui varient en fonction des techniques utilisées par l’artiste : acoustique, isolation phonique, mobilier spécifique, alimentation électrique, câblage, maintenance. Les salles d’exposition requièrent de plus en plus d’espaces complémentaires à vocation technique : gaines en attente, réservations, cavités, simples contre-cloisons ou galeries techniques sont indispensables pour dissimuler les équipements et câbles induits par la diversification des supports d’expression.


Accrochage

Yvan Salomone « irreversion », Frac Alsace, 2004Les expositions de peinture ou de photographie restent la préoccupation dominante de la plupart des responsables de lieux d’exposition, publics ou privés. Alors que les installations et autres « nouvelles » formes d’expression des arts plastiques d’aujourd’hui investissent systématiquement le plan horizontal et obligent les organisateurs à prévoir des revêtements de sols à grande résistance ou à réparation facilitée, avec la peinture ou la photographie ce sont les parois verticales qui supportent les œuvres et qui doivent être renouvelées fréquemment. Pour différentes raisons, les espaces d’exposition sont souvent aménagés dans d’anciens édifices patrimoniaux et la question de l’accrochage sur les parois de salles voûtées se pose. L’accrochage haut devra généralement être complété d’une fixation basse pour éviter le balancement des toiles, écartées du mur. Une attache basse permet la stabilisation en assurant une tension, par exemple à l’aide de câbles. Mais si ce type de solution, qui place l’œuvre en suspension, peut donner satisfaction pour des expositions informatives, il n’offre pas le support stable qu’exigent des toiles : l’indispensable paroi verticale peut être obtenue en construisant, là encore, une contre-cloison en partie basse de la voûte ou en disposant des panneaux auto-stables formant cimaise. L’encadrement, la signalétique, le graphisme participent de l’atmosphère du lieu d’exposition et contribuent à la bonne présentation des œuvres. Ces aspects apparemment secondaires ne doivent pas être négligés, mais au contraire être confiés à des professionnels compétents.


Les cartels explicatifs

LimoneIls peuvent être réalisés sur place à condition de disposer d’un minimum d’équipement informatique et de matériel de cartonnage. Cartels ou étiquettes sont en effet indispensables, même pour des expositions de courte durée. Dans leur rédaction comme dans leur mise en œuvre, il convient de prendre garde à la diversité des publics : enfants, étrangers, malvoyants doivent pouvoir bénéficier d’une information complète. Le texte peut prendre une importance variable : de simple identification de l’objet exposé, comportant l’indication du titre de l’œuvre, le nom de l’artiste, la date de réalisation et éventuellement le nom du propriétaire prêteur, il peut également être développé en un court texte explicatif, voire en une véritable notice. Le graphisme doit privilégier la lisibilité des textes, avant l’esthétique du cartel. Le choix du support et de son emplacement devront également répondre, avant tout, à des exigences fonctionnelles : pour être utile, l’étiquette sera vue avec l’objet exposé, elle ne devra pas en gêner la perception ni en détourner l’attention. Elle doit être suffisamment éloignée de l’œuvre pour qu’un visiteur s’attardant à sa lecture n’en masque pas la vue. Si l’étiquette est toujours placée au même endroit, elle sera plus facilement repérée, en même temps qu’elle se fera oublier : par exemple toujours du même côté, à droite de l’œuvre, distante d’un mètre environ et à un mètre trente du sol (plus bas, il faudrait l’incliner). Dans certains cas, on peut regrouper en une étiquette commune plusieurs objets peu distants, repérés par un petit plot numéroté ou au moyen d’un schéma montrant leur disposition.


La sécurité des œuvres

Les contraintes liées à la préservation des œuvres et matériaux sensibles vis à vis des conditions climatiques ainsi que les solutions de prévention des risques d’altération et d’accident liés aux conditions d’exposition, de mise en réserve, de transport, sont plus particulièrement traitées dans la rubrique précédente.
 
 
 
/// Légendes et crédits :
1/ Montage de l'exposition Carte blanche à Madeleine Millot-Durrenberger, un choix de photographies dans la collection du Frac Alsace, St’art - foire d’art contemporain de Strasbourg, 2005 : Philippe Lepeut, Images, vite (Paris-Sélestat), 1999 (détail, collection Frac Alsace), Patrick Tosani, Masque n° 7, 1999 (© ADAGP, collection Frac Alsace) et Philippe Gronon, Vitrines I et II, Sélestat, 2003 (vue partielle, © ADAGP, collection Frac Alsace), photo : Agence culturelle d'Alsace
2/ Montage de l'exposition d'Yvan Salomone, « irreversion », Frac Alsace, 2004, photo : Agence culturelle d'Alsace
3/ Cartel de l'exposition de Guy Limone, Seul(s) au monde, Frac Alsace, 2002, photo : Agence culturelle d'Alsace
 
 
 
 
 
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Dernière mise à jour le 22/07/2011