Autour des espaces d’exposition proprement dits et des locaux abritant les fonctions techniques et administratives afférentes, un lieu d’exposition doit comporter diverses dispositions liées à l’accueil du public.
Les espaces destinés au public doivent prédisposer le visiteur à la découverte de l’exposition. Il est souvent possible de créer des transparences laissant percevoir l’exposition dès l’entrée, jouant un rôle d’appel, tout en maintenant une relative autonomie des fonctions d’accueil, services, ventes, voire cafétéria. Dans le cas d’un monument historique ou d’une architecture remarquable, c’est aussi dès l’entrée que l’on doit trouver l’espace privilégié de la découverte de l’édifice. Il est alors souhaitable que billetterie et contingences liées à l’accueil n’interviennent qu’au second plan : laissant, lorsque c’est possible, un premier hall d’entrée libre de toute signalétique encombrante, de toute fonction commerciale manifeste. Vestibule, sas et autres espaces de transition ont aussi pour rôle d’améliorer l’inertie hygrométrique du bâtiment, et de réduire à l’intérieur les effets des variations climatiques extérieures.C’est pour leur aménagement qu’il faudra au mieux exploiter les potentialités du lieu : rechercher la possibilité d’articuler des parcours de visite différents, d’accueillir des œuvres de nature et de format variés, et éventuellement d’exposer aussi à l’extérieur.
Les
améliorations de locaux existants convertis en lieux d’exposition
consistent pour une grande part à permettre une meilleure adaptabilité,
une plus grande souplesse d’utilisation, afin que l’organisateur de
chaque manifestation puisse disposer d’une marge de manœuvre
importante. Ainsi les volumes découlant de l’aménagement initial du
lieu d’exposition devront être les plus grands possible si l’on
souhaite pouvoir présenter confortablement des œuvres de grand format
avec un recul suffisant. La distribution générale des salles devra
éviter au visiteur de devoir revenir sur ses pas ; une distribution en
boucle permet une plus grande souplesse dans le choix des parcours de
visite. Il sera toujours possible, si cela s’avérait nécessaire, de
cloisonner provisoirement de vastes locaux libres pour mieux articuler
les composantes d’une exposition ; il semblera au contraire monotone de
devoir soumettre tout projet à une organisation spatiale immuable. Les
mobiliers et équipements complémentaires devront être choisis pour la
discrétion de leur apparence. Les sièges, en particulier, doivent
permettre au visiteur de prendre quelque repos sans pour autant que les
espaces d’exposition prennent l’allure de salles d’attente.En plus des divers locaux techniques indispensables pour le bon entretien de l’édifice et la préparation des manifestations, il est souhaitable que tous les lieux d’exposition soient dotés de réserves, distinctes de tout dépôt, remise ou atelier.
Ces réserves permettront notamment de mettre à l’abri, à l’issue d’une manifestation, et pour un bref délai, les œuvres qui doivent être rendues aux prêteurs. Plus particulièrement pour ceux des lieux d’exposition qui, comme les musées, sont aussi des lieux de conservation de collections, il convient d’attacher une grande importance aux conditions de mise en réserve. Les conditions à réunir pour une bonne conservation sont les mêmes que celles que doivent offrir les salles d’exposition, mais revêtent pour les œuvres une importance accrue, d’une part à cause de la durée du séjour en réserve et d’autre part du fait que ces salles font l’objet d’une moindre surveillance. Dans les locaux affectés à l’usage de réserves, il faudra en effet obtenir une stabilité hygrométrique en rapport avec la sensibilité des collections. Il faudra également lutter contre les risques de désordres liés à l’humidité : qu’il s’agisse d’infiltration d’humidité extérieure ou de condensation par défaut de ventilation. De plus il faudra, par tous les moyens, prévenir les risques divers d’accidents susceptibles d’endommager les collections par l’eau ou le feu : fuites de canalisations diverses, défaut d’étanchéité des fenêtres, désordres électriques. Les locaux servant de réserves doivent être efficacement fermés pour éviter le vol, mais parfaitement accessibles pour être utilisables : la voie d’accès, les portes d’entrée, les circulations doivent respecter une largeur minimale en rapport avec les dimensions des œuvres entreposées.À l’occasion de tout aménagement ou de toute réhabilitation, on choisira de préférence des revêtements d’aspect neutre, d’entretien facile, et lorsque c’est compatible avec le bâtiment, phoniquement absorbants.
Au sol, le parquet reste reconnu comme une solution satisfaisante. Un doublage des parois permettra dans certains cas de régler en une seule opération les divers problèmes de réfection des revêtements muraux, de passage des fluides et de ménager une solution d’accrochage des œuvres. Plus rigides que les traditionnelles plaques de plâtre, des plaques de gypse renforcées par fibre de cellulose permettent d’accrocher jusqu’à 50kg par vis avec cheville à expansion et de reboucher à l’aide d’un enduit approprié. Une peinture blanche, appliquée au moins aux plafonds, garantira les meilleures conditions de diffusion de la lumière. Aux murs, on pourra préférer pour sa neutralité, comme couleur de fond s’effaçant derrière les œuvres, un gris très clair, légèrement bleuté. Le blanc, souvent considéré comme une « non couleur », est bien au contraire la somme de toutes lorsqu’il est fortement éclairé, et à ce titre loin d’être neutre. D’un entretien plus facile, notamment lorsque l’on souhaite repeindre rapidement certaines parois entre deux expositions, le blanc renvoie mieux la lumière, ce qui peut créer des contrastes gênants autour d’une toile, selon le matériel d’éclairage dont on dispose.